Comment l’activité physique aide à la gestion des symptômes vasomoteurs de la ménopause
Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sommeil entrecoupé… Les symptômes vasomoteurs de la ménopause (SVM) touchent beaucoup de femmes après 50 ans. Si les traitements hormonaux et non hormonaux existent et sont de plus en plus reconnu, l’activité physique est un levier accessible à toute et efficace pour atténuer la fréquence et l’intensité des SVM, améliorer l’humeur et la qualité du sommeil. Sans remplacer un avis médical, bouger régulièrement agit à la fois sur le thermostat interne (thermorégulation), le stress (axe hypothalamo–hypophyso–surrénalien) et la santé cardiovasculaire.
L’exercice cardiovasculaire (marche rapide, vélo, natation, danse) améliore sans équivoque la dilatation des vaisseaux sanguins, la variabilité du rythme cardiaque et la capacité du corps à dissiper la chaleur. 150 à 300 minutes par semaine d’activité aérobie d’intensité modérée, fractionnées en séances de 20 à 45 minutes, sont associées à une réduction des bouffées chez de nombreuses femmes et à un meilleur sommeil. Un truc simple et pratique pendant l’effort peut vous permettre de rester dans la zone d’intensité idéale pour maximiser les bienfaits : vous devez pouvoir parler à votre partenaire d’entraînement, mais sans vous sentir capable nécessairement de chanter, le souffle est donc soutenu et l’essoufflement est perceptible. L’activité cardio réduit aussi l’anxiété et la rumination (oui oui, le hamster dans le cerveau qui tourne sans cesse…), qui amplifient souvent la perception des SVM.
La musculation joue un rôle complémentaire et essentiel. La perte d’œstrogènes accélère la fonte musculaire et la baisse de la dépense énergétique au repos. Le renforcement permet de préserver la masse musculaire, stabiliser la glycémie, votre taux de sucre dans et améliorer la sensibilité à l’insuline — des facteurs liés à l’intensité des SVM. Deux à trois séances hebdomadaires, ciblant les grands groupes musculaires, améliorent la composition corporelle, la force, l’équilibre et la densité minérale osseuse. De plus, l’entraînement en résistance stimule des myokines anti‑inflammatoires susceptibles de moduler les circuits de thermorégulation et de stress, soutenant indirectement la réduction des SVM.
Côté intensité, l’approche pragmatique est de commencer modérément, puis d’insérer, si toléré, de très courtes accélérations (30–60 secondes) pour bénéficier d’un effet “post‑effort” sur l’humeur et le sommeil. L’hydratation, des vêtements respirants en couches, et une pièce fraîche pour l’entraînement limitent les inconforts. Si vous prenez un traitement (antihypertenseurs, bêtabloquants, antidépresseurs) ou avez une pathologie cardiovasculaire, validez le programme avec un professionnel de santé.
Pour conclure, oui, bouger donne chaud et fait suer, mais aide de manière substantielle à gérer les bouffées de chaleur impromptues associées à la ménopause. En plus de protéger notre corps de la baisse de masse osseuse, et masse musculaire, associées à la baisse des diverses hormones féminines.
Références scientifiques
NAMS Position Statement 2023: exercice et santé pendant la ménopause. menopause.org
Cochrane Review: exercise for vasomotor symptoms and quality of life. cochranelibrary.com
ACSM Guidelines for Exercise Testing and Prescription, 11e éd. acsm.org
Marie-Noëlle Fontaine. MSc. Kinésiologue
Move50plus, Sercovie
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